À toi qui m'a appris l'amour


Ma fille a désormais 5 mois. 
Quand elle est arrivée parmi nous, je ne savais pas comment la tenir, 
comment la câliner, comment m'en occuper.

Petit à petit, je me suis rendue compte qu'il y avait cette fusion entre maman-bébé mais que ce n'était pas vraiment ça. Pas de gros câlins, pas de moments de réel partage, pas d'élan d'amour fou.

Alors, j'ai cru avoir un bébé différent des autres, j'ai cru avoir quelque chose qui clochait, je n'ai pas compris pourquoi moi je n'avais pas cet instinct me disant que je pourrais mourir pour elle et que de son côté, elle, elle se débattait comme un chat dans l'eau quand je la prenais dans mes bras.

Pourtant, lorsque ma princesse a été malade, je l'ai couvée des jours entiers, quand elle a fait ses premiers vaccins, j'ai mis mon réveil toutes les 2 h pour m'assurer qu'elle n'en souffrait pas et ne faisait pas de température.

Je sais que j'aurais donné ma vie pour elle mais je ne l'exprimais pas. 

Et puis petit à petit, j'ai tenté de tout éteindre et de me retrouver juste avec elle à jouer, j'ai testé la balade en poussette à lui parler pendant des heures, j'ai osé la prendre dans mes bras juste pour la sentir collée contre moi. 

Puis, j'ai pleuré.

En réalité, je n'avais jamais reçu de câlins dans la famille, mon compagnon est assez distant à ce niveau-là (je l'ai choisi en partie pour cette raison), j'ai découvert la texture de la peau de ma maman à 25 ans quand je lui ai fait la bise par inadvertance. 

Je n'ai jamais été tactile et je ne supporte pas qu'on touche mon visage par exemple. 
Mais du coup, je ne savais pas comment m'y prendre.

Petit à petit, j'ai passé le cap de faire une sieste avec mon bébé, elle qui se débattait puisqu'elle avait l'habitude de dormir seule, j'ai passé le cap de la serrer fort contre moi en rentrant et petit à petit, sa tête s'est posée sur mes épaules. Comme si elle comprenait que maman était là aussi pour ça. Comme si elle comprenait que cet amour je l'avais depuis le début mais je ne savais pas le montrer.

Il m'aura fallu le temps, surement beaucoup plus que pour la moitié des gens mais en quelques mois, j'aurai appris l'amour fou. Celui de sourire juste en apercevant ma fille à la crèche, celui de rire en la chatouillant, celui du plaisir du gros câlin du soir avec une histoire pour passer une bonne nuit, celui d'une simple main dans ses cheveux. 

À toi, ma princesse, je dis merci. 

"On ne naît pas maman, on le devient" n'aura jamais eu autant de sens à mes yeux. À toi ma fille, pardonne-moi pour ces quelques mois où j'ai été absente dans un sens... je te promets que les prochaines années seront remplies de caresses dans le dos, de bisous dans le cou et de regards amoureux. 

Parce qu'il n'y a pas à dire, je l'aime plus que tout au monde ma crevette. 



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